Se demander s'il faut quitter une personne alcoolique est une question déchirante, qui n'a jamais de réponse toute faite. C'est souvent l'aboutissement de mois, voire d'années, de douleur, d'espoirs déçus et d'épuisement. C'est une décision profondément personnelle qui doit avant tout prendre en compte votre sécurité, votre bien-être et la volonté réelle de votre partenaire de s'en sortir.
Entre l'amour et l'épuisement : comprendre le dilemme
Vivre avec une personne dépendante à l'alcool, c'est être pris dans un véritable tourbillon émotionnel. D'un côté, il y a l'amour, les souvenirs heureux, l'espoir tenace que tout redevienne comme avant. C'est ce qui vous pousse à rester. De l'autre, il y a cette fatigue immense, mentale et physique, nourrie par les promesses non tenues et les comportements destructeurs qui vous crient de partir.
Il est essentiel de comprendre que ce dilemme est parfaitement normal. Vos sentiments, aussi contradictoires soient-ils, sont légitimes.

Et vous n'êtes pas seul(e) dans cette situation. La consommation d'alcool est un vrai problème de santé publique en Belgique, qui met à mal de nombreuses familles. Les chiffres de Sciensano parlent d'eux-mêmes : si 82 % des Belges boivent de l'alcool, plus de 6 % de la population ont une consommation excessive, un chiffre qui grimpe en Région wallonne. Pour mieux comprendre ce contexte, vous pouvez consulter les statistiques sur Jeunes et Alcool.
L'impact sur votre propre santé mentale
Vivre au quotidien dans un environnement aussi imprévisible finit toujours par laisser des traces. Vous pourriez commencer à ressentir :
- De l'anxiété chronique : cette sensation d'être toujours sur le qui-vive, à guetter l'humeur et la consommation de votre partenaire.
- Un épuisement émotionnel : le sentiment d'être complètement vidé(e) de votre énergie à force de gérer des crises.
- De la codépendance : un mécanisme insidieux où votre propre bonheur finit par dépendre entièrement de l'état de l'autre.
- Une perte d'estime de vous-même : vous pourriez vous sentir responsable, voire coupable, de ne pas arriver à "sauver" la personne que vous aimez.
Admettre l'impact que l'alcoolisme de votre partenaire a sur votre propre vie n'est pas de l'égoïsme. C'est le premier pas, indispensable, pour vous protéger et prendre la bonne décision pour vous.
Ce tableau vous aide à identifier les signes indiquant que l'alcoolisme de votre partenaire a un impact destructeur sur votre vie et votre relation.
Signaux d'alerte dans votre relation
| Domaine affecté | Signes de détérioration | Question clé à se poser |
|---|---|---|
| Sécurité | Agressivité verbale ou physique, conduite en état d'ivresse, mise en danger (de vous ou des enfants). | Est-ce que je me sens en sécurité chez moi ? |
| Confiance | Mensonges répétés sur la consommation, promesses non tenues, dissimulation d'alcool. | Puis-je encore lui faire confiance ? |
| Vie quotidienne | Négligence des responsabilités (travail, ménage, enfants), problèmes financiers liés à l'alcool. | Notre vie commune est-elle devenue ingérable ? |
| Équilibre personnel | Isolement social, abandon de vos propres passions, sentiment de marcher sur des œufs en permanence. | Qui suis-je devenu(e) dans cette relation ? |
Prendre le temps de répondre honnêtement à ces questions peut être douloureux, mais c'est une étape cruciale pour y voir plus clair.
Cet article n'est pas là pour vous dire quoi faire, mais pour vous éclairer. Ensemble, nous allons explorer les signaux qui ne trompent pas, les situations où rester pour soutenir a encore un sens, et les démarches concrètes pour préparer un départ en toute sécurité si nécessaire. La décision finale vous appartient, mais elle doit être prise en ayant toutes les cartes en main, pour votre bien et celui de vos proches.
Identifier les lignes rouges et les dangers immédiats
Quand on vit avec une personne dépendante à l'alcool, on a parfois l'impression de marcher sur une corde raide, dans un brouillard épais. Les repères se brouillent. La frontière entre ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas devient floue, presque invisible. Les excuses, les promesses, l'espoir d'un "demain, j'arrête" créent une zone grise où le danger peut s'installer sans crier gare.
Cette section se veut une boussole. Son but est simple : vous aider à tracer des lignes rouges claires, nettes et non négociables. Ici, on ne parle plus de compter les verres. On parle d'identifier les conséquences directes et inacceptables sur votre sécurité et votre bien-être.
Au-delà de l'ivresse : la violence sous toutes ses formes
Le premier danger qui vient à l'esprit est la violence physique, mais c'est loin d'être la seule. La violence s'infiltre souvent de manière bien plus insidieuse dans le quotidien. Il est vital de savoir la reconnaître pour arrêter de la tolérer.
Voici les visages qu'elle peut prendre :
- La violence verbale : Ce sont les insultes qui fusent, les critiques qui vous rabaissent jour après jour, les cris qui créent un climat de peur permanent. Chaque mot est une blessure qui entame votre estime de vous-même.
- La violence psychologique : C'est ce chantage affectif constant ("Si tu m'aimais vraiment, tu me laisserais tranquille"), ces menaces à peine voilées, cette manipulation qui vous coupe peu à peu de vos amis et de votre famille. C'est une prison invisible qui se referme sur vous.
- La violence économique : L'alcoolisme mène souvent à des dépenses folles, des dettes cachées ou l'utilisation de l'argent du ménage sans votre accord. Cette insécurité financière vous fragilise et vous rend dépendant(e).
- La violence physique : La plus visible, allant de la bousculade "accidentelle" aux coups. Toute agression physique, même si elle est qualifiée de "légère", est une ligne rouge absolue.
Il faut appeler un chat un chat : ce ne sont pas des "dérapages" excusables, ce sont des abus. Ce ne sont pas des symptômes de la maladie que vous devez endurer, mais des dangers que vous devez fuir. Le reconnaître est le premier pas pour reprendre le contrôle.
La mise en danger : un signal d'alarme qui ne pardonne pas
Certains agissements, même sans intention de nuire, vous exposent, vous et vos enfants, à un risque immédiat. Ces situations ne se négocient pas. Elles sont le signal d'alarme ultime.
Le cas le plus flagrant est la conduite en état d'ivresse. Un partenaire qui prend le volant après avoir bu, et pire encore, avec vous ou les enfants à bord, ne fait pas une simple erreur de jugement. Il met activement vos vies en péril.
Les chiffres en Belgique parlent d'eux-mêmes. Entre 2018 et 2022, 12 % des conducteurs impliqués dans un accident en Wallonie et testés étaient positifs à l'alcool. Rien qu'en 2022, on a déploré 84 décès et 483 blessés graves dans des accidents liés à l'alcool sur notre territoire. En vivant avec une personne qui boit et conduit, vous êtes en première ligne face à ce danger. Vous pouvez consulter les chiffres détaillés de l'AWSR pour en prendre la pleine mesure.
Quand l'alcoolisme touche les plus vulnérables
La présence d'enfants change tout. Votre responsabilité n'est plus seulement de vous protéger, mais de leur garantir un foyer stable et sécurisant.
Un enfant qui grandit au contact de l'alcoolisme d'un parent subit des traumatismes profonds, même sans violence directe. L'instabilité, l'imprévisibilité, les rôles qui s'inversent (quand l'enfant doit devenir le parent de son parent)… tout cela laisse des cicatrices qui peuvent durer toute une vie.
Si votre partenaire néglige ses devoirs de parent à cause de l'alcool, s'il se montre agressif ou imprévisible devant les enfants, ou s'il les expose à des situations dangereuses, la question n'est plus de savoir s'il faut partir. La question est de savoir comment organiser ce départ en toute sécurité. Quand le bien-être de vos enfants est menacé, il n'y a plus de place pour l'hésitation.
Pour mieux comprendre les défis liés à l'arrêt de l'alcool, notre guide sur les symptômes du sevrage alcoolique pourrait vous éclairer sur ce que votre partenaire pourrait traverser.
Savoir quand rester et soutenir est une option
Rester aux côtés d’un proche qui souffre d’alcoolisme n’est jamais une preuve de faiblesse. C’est un choix courageux, mais qui ne peut s'envisager que si des conditions très strictes sont réunies. Pour que cette décision soit viable, il faut que la situation ne présente absolument aucun danger pour vous ou vos enfants, et que votre partenaire montre une vraie volonté de changer. Une volonté qui va bien au-delà des simples mots.
Une promesse en l'air, même si elle semble sincère sur le moment, ne pèse pas lourd face à la maladie. L'alcoolisme se combat avec des actes, pas seulement avec de bonnes intentions.
Les piliers d'un soutien constructif
Pour que votre décision de rester ait un sens, trois piliers fondamentaux doivent être solidement en place. Si l'un d'eux manque à l'appel, votre soutien risque non seulement d'être inutile, mais il pourrait même devenir dangereux pour votre propre bien-être.
- Une reconnaissance claire du problème : La première étape, non négociable, est que votre partenaire admette avoir un problème avec l'alcool. Sans détour, sans chercher d'excuses. Tant qu'il ou elle reste dans le déni avec des phrases comme "Je ne bois pas plus que les autres" ou "Je gère", aucune aide ne pourra porter ses fruits.
- Un désir sincère de changer : Cette prise de conscience doit venir d'une envie profonde et personnelle de s'en sortir. Si le seul moteur est la peur de vous perdre, le changement ne tiendra pas la distance. Ce sera un pansement sur une jambe de bois.
- Des actions concrètes et immédiates : C'est le pilier le plus crucial, celui qui fait toute la différence. Les paroles doivent se transformer en actes. Pas question d'attendre "lundi prochain" pour commencer. L'engagement doit être visible, maintenant.
Imaginez-vous comme un sauveteur en mer. Votre rôle est de lancer une bouée à la personne qui se noie, pas de vous laisser entraîner vers le fond avec elle. Votre soutien, c'est cette bouée. Mais pour qu'elle soit utile, la personne en face doit faire l'effort de s'y accrocher.
Transformer les intentions en actions mesurables
Alors, comment savoir si l'engagement est réel ? C'est simple : observez les faits. Un véritable engagement se voit dans des démarches concrètes, souvent difficiles, qui prouvent que la personne est prête à affronter sa dépendance.
Voici quelques exemples d'actions qui ne trompent pas :
- Prendre rendez-vous chez son médecin traitant ou un addictologue.
- Accepter de commencer une thérapie, que ce soit en solo ou en couple.
- Rejoindre un groupe de parole comme les Alcooliques Anonymes.
- Entamer un processus de sevrage, avec ou sans aide médicale.
Cet arbre de décision peut vous aider à y voir plus clair en quelques secondes et à évaluer si les conditions minimales pour rester sont remplies.

Ce schéma le montre bien : dès que votre sécurité est menacée, la question de rester ou partir ne se pose plus. Votre protection devient la priorité absolue.
Poser des limites claires est vital pour ne pas glisser dans la codépendance, cette dynamique où l'on finit par organiser toute sa vie autour de la maladie de l'autre. Vous pourriez dire, par exemple : "Je suis là pour te soutenir dans tes soins, mais je n'accepterai plus une seule goutte d'alcool à la maison". Pour découvrir d'autres manières de soutenir efficacement sans vous y perdre, notre guide complet pour aider une personne alcoolique vous donnera des pistes concrètes.
Le chemin vers la sobriété est long, et les rechutes en font souvent partie. Un faux pas peut arriver. Par contre, votre soutien doit rester conditionné à la persévérance de votre partenaire dans ses efforts. Si les actions s'arrêtent et que les vieux démons refont surface durablement, il faudra réévaluer votre décision. Toujours en gardant votre propre sécurité en tête.
Préparer un départ pour assurer votre sécurité
Quand les limites ont été franchies encore et encore, sans aucune amélioration en vue, la question n'est plus de savoir si vous devez partir. Le départ devient une question de survie. Un acte essentiel pour vous protéger, vous et vos enfants.
C'est une décision déchirante, bien sûr. Mais ce n'est pas un abandon. C'est une façon de dire "stop" et de réclamer votre droit à une vie sereine et sécuritaire.
Vivre au quotidien dans un environnement toxique, dicté par l'alcool, laisse des traces profondes. Votre santé mentale est en première ligne, avec des risques bien réels d'anxiété, de dépression ou d'épuisement. Pour les enfants, cette atmosphère de peur et d'incertitude peut sérieusement affecter leur développement et créer des blessures qui durent toute une vie.

La planification discrète est votre meilleure alliée
Organiser son départ est une étape fondamentale qui demande de la méthode et, surtout, beaucoup de discrétion. Une annonce brutale pourrait faire dégénérer la situation et vous mettre en danger. Chaque geste doit être réfléchi pour garantir votre sécurité.
Commencez par rassembler les choses importantes, mais faites-le en douceur, sans éveiller les soupçons. Mettez vos documents essentiels en lieu sûr, par exemple chez un ami ou un parent en qui vous avez une confiance absolue.
Ce n'est pas une fuite. C'est une manœuvre stratégique pour reprendre le contrôle de votre vie. C'est la première pierre de votre reconstruction, un acte qui demande un courage immense et une bonne organisation.
Le danger n'est malheureusement pas une vue de l'esprit. Les statistiques sur les décès liés à l'alcool en Belgique rappellent l'urgence de la situation. En 2021, plus de 4 000 décès étaient directement liés à l'alcool, ce qui représente plus de 10 personnes par jour. C'est en Région de Bruxelles-Capitale que le taux de mortalité était le plus élevé. Ces chiffres montrent que l'entourage d'une personne alcoolique est lui aussi exposé à des risques bien réels.
Check-list pour préparer un départ sécurisé
Une bonne organisation est la clé pour réduire les risques et rendre la transition un peu moins chaotique. Voyez cette liste comme votre feuille de route. Chaque point validé est un pas de plus vers un environnement plus sain.
Tableau : Check-list pour préparer un départ sécurisé
Un plan d'action étape par étape pour organiser une séparation en minimisant les risques pour vous et vos enfants.
| Catégorie | Action à entreprendre | Personnes ou organismes à contacter |
|---|---|---|
| Documents | Rassembler les originaux ou des copies de vos papiers d'identité, du livret de famille, des documents bancaires, des contrats et des fiches de paie. | |
| Finances | Ouvrir un compte bancaire à votre nom si vous n'en avez pas. Mettre un peu d'argent de côté discrètement pour les premières dépenses. | Votre banque, un conseiller financier. |
| Soutien | Parler de votre projet à quelqu'un de confiance (ami, famille) qui pourra vous épauler le jour J. Surtout, ne restez pas seul(e). | Vos proches, un thérapeute. |
| Hébergement | Chercher une solution de logement, même temporaire : chez des proches, dans un refuge pour victimes de violences conjugales ou un logement de transition. | Associations d'aide, services sociaux. |
| Enfants | Préparer un sac avec leurs affaires essentielles (vêtements, doudou, médicaments). Pensez aussi à leurs documents (carnet de santé, bulletins). | |
| Sécurité | Si vous avez peur d'une réaction violente, n'hésitez pas à contacter la police ou une association spécialisée pour planifier un départ en toute sécurité. | Police locale, ligne d'écoute spécialisée. |
En suivant ces étapes, vous ne laissez rien au hasard et vous vous donnez les moyens de commencer votre nouvelle vie sur des bases plus solides.
Le rôle crucial du soutien extérieur
Vous n'avez pas à traverser cette épreuve en solitaire. Des associations spécialisées dans l'aide aux familles touchées par l'addiction ou les violences conjugales peuvent vous offrir un soutien psychologique et pratique qui change tout. Leurs équipes peuvent vous guider dans les démarches administratives et juridiques, souvent complexes et décourageantes.
Partir est sans doute la décision la plus difficile de votre vie, mais c'est aussi la plus courageuse. C'est faire le choix de la vie, de la santé et de l'avenir.
Si, malgré tout, le parcours de soin de votre partenaire vous préoccupe, vous pouvez aussi vous renseigner sur les options existantes, comme un centre de désintoxication pour l'alcool en Belgique. Cette démarche peut faire partie de votre réflexion, même si votre priorité absolue reste votre propre sécurité. Chaque pas que vous faites pour vous éloigner d'un environnement destructeur est un pas vers votre propre guérison.
Trouver de l'aide, pour vous et pour votre partenaire
Que vous décidiez de rester pour épauler votre proche ou de partir pour vous préserver, une chose est sûre : personne ne devrait traverser cette épreuve seul. L'alcoolisme est une maladie qui ne ronge pas seulement la personne qui boit, mais aussi tout son entourage. Demander de l'aide n'est pas un signe de faiblesse, c'est au contraire l'acte le plus courageux et le plus lucide que vous puissiez poser. Pour vous, comme pour lui ou elle.
Le chemin vers la sobriété est rarement une ligne droite. C'est un parcours complexe qui demande souvent une approche sur plusieurs fronts. Il ne s'agit pas juste d'une question de volonté, mais d'un vrai processus de guérison qui nécessite des outils, du soutien et un cadre adapté.
Vous aussi, vous avez besoin de soutien
On a tendance à focaliser toute l'attention sur la personne dépendante, en oubliant une pièce essentielle du puzzle : vous. En tant que partenaire, vous êtes en première ligne, subissant de plein fouet les conséquences de la maladie. L'angoisse, le sentiment de culpabilité, l'épuisement… tout ça devient votre quotidien.
Il est vital de trouver un espace où vous pouvez poser ce poids, parler sans être jugé et comprendre les rouages de la dépendance pour mieux vous en protéger. Des groupes de parole dédiés aux familles sont des ressources incroyablement précieuses.
- Al-Anon : C'est un peu l'équivalent des Alcooliques Anonymes, mais pour les proches. Vous y rencontrerez des gens qui vivent ou ont vécu exactement la même chose que vous. C'est un lieu pour apprendre à prendre de la distance émotionnelle avec la maladie, à poser des limites saines et, surtout, à prendre enfin soin de vous.
- Une thérapie individuelle : Parler à un psychologue ou un thérapeute peut vous aider à y voir plus clair dans vos émotions, à gérer le stress et à préparer l'avenir, quelle que soit la décision que vous prendrez.
Prendre soin de soi quand on est le proche d'une personne malade n'a rien d'égoïste. C'est même la condition indispensable pour pouvoir, ensuite, aider l'autre de manière saine et constructive… ou simplement trouver la force de se reconstruire.
Les pistes d'aide pour votre partenaire
Si votre partenaire est d'accord pour se faire aider, plusieurs options existent. Chaque parcours est unique, et la meilleure solution est souvent une combinaison de différentes approches. Le point de départ est généralement simple : prendre rendez-vous avec un médecin généraliste ou un addictologue pour faire le point.
À partir de là, plusieurs pistes peuvent être envisagées :
- Les groupes de soutien comme les Alcooliques Anonymes (AA) offrent un soutien de la part de personnes qui sont passées par là. C'est souvent un moteur puissant pour rester motivé sur le long terme.
- Le suivi psychologique (notamment les thérapies cognitives et comportementales) aide à creuser pour comprendre les racines de l'addiction et à développer d'autres stratégies pour gérer ses émotions, sans avoir besoin de l'alcool.
- Les cures de désintoxication dans un hôpital ou un centre spécialisé sont parfois nécessaires en cas de forte dépendance physique. Elles permettent un sevrage en toute sécurité, sous surveillance médicale.
Des approches complémentaires pour rendre le sevrage plus doux
En plus de ces suivis classiques, certaines méthodes peuvent apporter un soutien très concret, surtout durant les premières semaines qui sont souvent les plus dures. Le défi numéro un, c'est de gérer le "craving", cette envie physique et mentale irrépressible de boire qui peut faire échouer les meilleures résolutions.
C'est là que des techniques comme l'auriculothérapie au laser doux, au cœur de la méthode Addictik, peuvent jouer un rôle important. C'est une approche naturelle et sans douleur qui vise à stimuler des points très précis sur l'oreille pour agir directement sur les mécanismes de la dépendance.
L'objectif est double :
- Calmer l'envie de boire : En agissant sur les neurotransmetteurs, la séance aide à diminuer fortement l'intensité du craving. Les pulsions deviennent beaucoup plus faciles à gérer.
- Apaiser le système nerveux : Le sevrage s'accompagne souvent de beaucoup d'anxiété, d'irritabilité et de problèmes de sommeil. La stimulation par laser doux aide à retrouver un calme intérieur, ce qui est essentiel pour tenir bon.
Cette méthode ne remplace évidemment pas un suivi médical ou psychologique, mais elle s'y intègre très bien. Elle offre un soulagement physique bien réel qui peut donner le coup de pouce nécessaire pour que la personne reste motivée dans son parcours.
Pour mieux comprendre comment fonctionnent ces approches et ce qu'implique concrètement l'arrêt de l'alcool, n'hésitez pas à lire notre article complet sur le traitement pour le sevrage alcoolique. Savoir que des solutions concrètes existent pour soulager les symptômes les plus difficiles peut être une source de motivation, autant pour vous que pour votre partenaire.
Se reconstruire après la décision
Que vous ayez choisi de partir ou de rester, un chapitre essentiel s'ouvre maintenant : celui de votre propre reconstruction. Cette étape vous est entièrement dédiée. C’est le moment de vous réapproprier votre vie et de soigner les cicatrices émotionnelles laissées par des mois, voire des années, de chaos.
Le chemin n'est pas toujours simple. Pendant longtemps, vous avez peut-être développé des réflexes de survie, comme celui de faire passer les besoins de l'autre avant les vôtres. Il est maintenant temps de réapprendre à écouter vos propres désirs, vos propres limites.

Guérir les blessures de l'intérieur
Le premier pas est souvent le plus intimidant : s'autoriser à ne pas aller bien et accepter de chercher de l'aide pour soi. La culpabilité peut être tenace, tout comme le poids des traumatismes vécus.
Consulter un thérapeute ou un psychologue n'est pas un signe de faiblesse, mais un véritable outil de libération. Cet accompagnement crée un espace sûr pour mettre des mots sur votre histoire, démêler les fils de la codépendance et trouver des clés concrètes pour aller de l'avant.
La reconstruction est un processus, pas une course. Soyez patient et bienveillant avec vous-même. Chaque petit pas que vous faites pour votre bien-être est une immense victoire.
Reprendre les rênes de sa vie, pas à pas
Votre vie a probablement tourné au ralenti pendant trop longtemps. Il est temps de la relancer et d'écrire de nouveaux chapitres, qui vous ressemblent. Cela peut passer par des gestes très concrets :
- Resserrer les liens : Reprenez contact avec les amis et la famille que la situation vous a peut-être poussé à négliger. Leur soutien est un pilier précieux.
- Retrouver vos passions : Qu'est-ce qui vous faisait vibrer avant que l'alcoolisme de votre proche ne prenne toute la place ? C’est le moment de vous y replonger.
- Créer de nouvelles habitudes saines : Que ce soit le sport, la méditation, ou simplement une balade quotidienne, mettez en place des rituels qui nourrissent votre corps et votre esprit.
Le message à retenir est un message d'espoir : vous avez le droit et la capacité de retrouver la paix et la sécurité. Votre parcours témoigne de votre force, et non d'une faiblesse. Pour mieux comprendre les étapes vers la sobriété, consultez notre guide sur comment arrêter de boire. Se donner la permission de recevoir de l'aide est la première pierre pour rebâtir un avenir plus serein.
Quelques questions fréquentes quand on vit avec un proche alcoolique
Se demander s'il faut quitter une personne alcoolique, c'est souvent ouvrir la porte à un tourbillon d'autres questions. Des questions pleines de culpabilité, de peur et de confusion. Mettons un peu de lumière sur les interrogations les plus courantes pour vous aider à y voir plus clair.
Est-ce que c'est de ma faute s'il/elle boit ?
La réponse est non. Un non clair, net et sans la moindre hésitation. L'alcoolisme est une maladie complexe, avec des racines génétiques, psychologiques et sociales. Vous n'avez pas causé sa dépendance. Et, aussi difficile que ce soit à entendre, vous ne pouvez pas la guérir juste avec votre amour ou votre patience.
Votre seule responsabilité, c'est de veiller à votre propre sécurité, à votre bien-être et à celui de vos enfants. Se libérer de ce poids de la culpabilité est la première étape, et la plus importante, pour commencer à prendre des décisions saines pour vous.
Comment l'aider sans m'épuiser ou devenir codépendant(e) ?
La ligne est fine entre soutenir et entretenir le problème sans le vouloir. C'est ce qu'on appelle la codépendance. Aider, c'est l'encourager à se soigner, c'est remarquer ses efforts. Devenir codépendant, c'est un peu comme mettre un pansement sur une jambe de bois : on protège la personne des conséquences de ses actes, et finalement, on l'empêche d'avancer.
La clé, c'est de fixer des limites. Des limites claires, fermes, et de s'y tenir. Par exemple : "Je suis là pour toi à 100% si tu entames une démarche de soin, mais je n'accepte plus que tu boives à la maison ou que tu me mentes sur ce que tu as bu."
Pour faire la différence, voici quelques exemples concrets :
- Soutenir : C'est l'accompagner à son rendez-vous chez le médecin. C'est fêter avec lui une semaine sans alcool.
- Codépendance : C'est appeler son patron pour inventer une excuse quand il ne peut pas aller travailler. C'est nettoyer derrière lui sans rien dire. C'est payer les dettes qu'il a accumulées à cause de l'alcool.
Le vrai soutien l'aide à retrouver son autonomie. La codépendance, au contraire, le maintient dépendant, non seulement à l'alcool, mais aussi à vous pour gérer les problèmes.
Comment en parler aux enfants ?
C'est une conversation difficile, mais indispensable pour les protéger. Le plus important est d'être honnête, tout en utilisant des mots simples et adaptés à leur âge.
Expliquez-leur que leur parent a une sorte de "maladie" qui le rend parfois triste, différent ou fâché. Mais il y a une chose sur laquelle vous devez insister, encore et encore : ce n'est jamais, au grand jamais, de leur faute.
Rassurez-les. Dites-leur que vous les aimez plus que tout et que votre mission est de garantir leur sécurité. Laissez-les poser leurs questions, exprimer leur colère ou leur tristesse, sans les juger. Ils ont besoin de savoir qu'ils peuvent vous parler en toute confiance.
Le chemin pour se libérer d'une addiction est un marathon, pas un sprint, autant pour la personne qui en souffre que pour son entourage. Pour offrir un soutien concret durant le sevrage, Addictik propose une méthode naturelle d'auriculothérapie au laser doux. Elle vise à apaiser le besoin compulsif de consommer et à calmer le stress. Pour voir comment cette approche peut s'intégrer dans une prise en charge globale, jetez un œil sur https://addictik.be.
